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Les jeunes travailleurs et le réalité du travail temporaire et précaire Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par JOCA   
24-09-2007

ImagePour préparer l'Échange et le Séminaire de Formation de Jeunes travailleurs/euses de l'Amérique qui sera célébré  du 15 octobre au 07 novembre 2007 aux Cayes -Haïti, la coordination continentale JOCAmérique a élaboré quelques documents de travail pour la participants issus des différents pays de la région.

Pour favoriser le débat et les réflexions, pour recevoir des contributions de différentes personnes et de jeunes travailleurs/euses, nous avons voulu publier sur notre site les analyses faites en vue de préparer la rencontre. Nous placerons d'abord les analyses de chaque secteur et ensuite les documents complets pour l'échange d'informations entre jocistes, amis, anciens et jeunes travailleurs sur le net. Bonne lecture.


La Coordination Continentale JOCA


   
Analyse : Les jeunes travailleurs et le réalité du travail temporaire et précaire

Bien qu´elle se manifeste sous différentes formes selon le contexte de chaque pays, la flexibilisation du travail a acquis une caractéristique universelle. L´évolution récente de la structure de l´emploi a conduit à une précarisation du travail et à une moindre protection pour les travailleurs et travailleuses.

 

Afin d´accroître leur profit, certaines entreprises ont une mixité de statuts d´emplois (travailleurs/euses permanentes, à l´heure, occasionnels, de sous-traitance, intérim, indépendants, programmes d´emploi, etc.). Ils sont tous employés sous divers types de contrats caractérisés par de des horaires chargés et irréguliers qui rendent difficile l’organisation et le fait qu’ils-elles n´aient pas droit aux mêmes avantages sociaux crée une division entre eux. Le défi que représente d’organiser les travailleurs/euses temporaires fait en sorte que la plupart de ces travailleurs/euses ne sont pas représentéEs par un syndicat.

Le travail précaire et temporaire est un emploi où les travailleurs/euses n´ont pas les mêmes droits que ceux et celles qui ont un emploi à temps plein ou permanents, plus concrètement, nous parlons de :
- Un travail à temps plein avec une durée limitée à quelques jours, semaines, de 3 à 6 mois.
- Un contrat fixe pour un nombre réduit d´heures para semaine. Souvent, il s´agit d´un travail pour une durée de plus d´un an mais avec un état permanent de travail à court terme, le patron demande que les travailleurs signent un nouveau contrat à court terme chaque fois.
- Travail autonome et faux travail autonome ou entrepreneur dépendant.
- Travail à domicile ou réalisé en dehors de l´établissement.
- Travail à partir d´une agence de placement
- Travail dans les zones franches ou les plantations.

Peu de pays ont signé les conventions relatives aux agences de placements. Au départ, les agences de placements ont surgit pour aider les entreprises durant les périodes de surproduction ou pour remplacer un travailleur/euse malade. Actuellement, l´utilisation des agences de placement est un moyen utilisé par les employeurs pour ne pas engager de travailleurs/euses permanentEs. Par exemple, l´agence Man Power établie dans divers pays est l’un des plus grands employeurs aux Etats-Unis. Un des grands problèmes que doivent affronter ces travailleurs/euses est de savoir qui est responsable de la définition de leurs conditions de travail et de l´application de leurs droits. Il est très fréquent qu´une personne travaille pour une agence de placement pendant 2 ou 3 ans dans le même poste de travail et pour une même entreprise sans avoir droit au même salaire et avantages sociaux que les autres travailleurs de l´entreprise. 

Le travail autonome ou entrepreneur dépendant est un type de travail où la personne est son propre patron et a ses propres clients, dans ce sens elle n´est pas protégé par les lois qui s´appliquent aux travailleurs/euses. Les employeurs ont profité de la prolifération et la valorisation de ce type de travail pour générer le faux travail autonome qui leur permet de profiter de la force de travail de ces travailleurs/euses sans assumer les charges sociales (droit aux congés et aux vacances payées, permis de maladies, heures supplémentaires, etc ) ni les outils de travail. Par exemple, il y a des livreurs de pain, de lait, de restaurant, de courrier postal, etc. à qui les employeurs ont demandé d´acheter un camion ou une voiture, leur imposent un parcours déterminé et ne peuvent vendre qu´une seule marque de produits. Il y a aussi des coiffeurs/euses à qui ont imposent d´acheter ou de louer une chaise du salon de coiffure, des vendeurs/euses de vêtements ou d’autres produits à qui ont impose de louer un espace de vente, qui ne peuvent vendre d´autres produits que ceux du propriétaire, qui sont soumis à un horaire obligatoire de travail, etc. 

En Colombie, il y a une nouvelle loi : la Loi des Coopératives Associées (forme de travail autonome) qui fut adoptée en 2006 par le gouvernement dans les secteur de la santé, du transport, des service de sécurité privée et de l´éducation. Dans les Coopératives de Travail Associées, il existe une vulnérabilité du droit fondamental au travail qu´a toute personne : manque de stabilité de travail, violation du droit d´association, de la liberté et de l´autonomie du travailleur pour se syndicaliser, on ne reconnaît pas le droit à la négociation collective, toutes les charges normalement assumées par l´employeur retombent sur le travailleur. 

Le travail à domicile ou réalisé en dehors de l´entreprise : actuellement, de nombreuses entreprises ont des travailleurs à domicile pour faire des sondages, promouvoir divers produits, des services financiers ou toute sorte de sollicitude. Par exemple, la télé université a créé une nouvelle catégorie de professeurs qui aident les étudiant à partir de leur domicile. Il y a également les personnes qui travaillent en dehors du pays et du lieu de travail de leur patron. Par exemple, la femme qui cuit les saucisses dans divers marchés, les vendeurs de téléphones portables qui travaillent dans divers lieux chaque jour ou chaque semaine.

Les zones franches ou maquillas furent crées, au départ afin de permettre aux employeurs d´importer des matériaux pour ensuite les réexporter sans taxes. Le phénomène a commencé dans les années 60 dans une zone de l´aéroport de Shannon en Irlande. Cette zone fut considérée comme un bon moyen pour générer des emplois sans dépenser l´argent de contribuables et éviter un système bureaucratique de remboursement des taxes sur les importations de marchandises destinées à l´exportations. Mais, afin d’éviter l’entrée de marchandises non taxées dans l´économie du pays, il était nécessaire que les entreprises soient dans une zone protégée par de grandes barrières et que s’établissent un contrôle des travailleurs/euses. Ainsi, se créa le premier modèle de zone franche d´exportation qui fut rapidement instauré au niveau mondial.

Les zones franches au Nicaragua ont commencé dans les années 60 par différentes lois spéciales qui furent abolies en 1978. Dans les années 90, le gouvernement a de nouveau permis la création des zones franches par de nouvelles lois et décrets tels que : Lois de promotion des exportations, ois d´investissement étrangers et de zones franches (exemption d´impôts et de tarifs douaniers sur les matériaux importés et exportés, exemption d´impôts municipales, rapatriement des profits sans aucune restriction, exemption d´impôts sur les contrat de services d´eau, d’électricité et d’assurances, subventions d´infrastructures, routes, terrains, main d´œuvre à bon marchés, ambiance de répression syndicale et flexibilité dans l´application du droit du travail, etc.).


Jusqu´en 2003, il existait 62 entreprises établies dans des zones franches au Nicaragua, de textiles pour la plupart (Lee, Wrangler, Target, Dickies, Ralph Lauren, Walt Mart, K-Mart, Dillars et Tablots, JC Penny, Nautica, Polo, Fishman and Tobie, Li and Fung, Macy and Sara Lee, etc). Au niveau national, on estime qu´elles génèrent 53.000 postes de travail directs et 25.000 indirects. La plupart des travailleurs/euses sont des femmes (85%) âgées entre 18 et 30 ans, provenant de différents quartiers populaires des zones urbaines, bien qu´un nombre important soit de milieu rural.

Durant les années 80, sous les conseils de la Banque Mondiale et de capitaux étrangers, principalement d´entrepreneurs colombiens, se créent les Plantations de Fleurs en Equateur. Actuellement, l´Equateur est l’un des 4 principaux exportateurs de fleurs parmi les plus importants après la Colombie. Son marché est : les Etats-Unis, l´Union Européenne, le Japon, la Russie et l´Italie. Présentement, il y a plus de 39.000 JJTT qui travaillent dans les plantations dont 60% sont des femmes. De plus, on dénombre un grand nombre d´immigrantEs, de paysans et de personne d’origine indigène travaillant dans les plantations.

Dans ce type de travail, nous pouvons observer :
- Que les personnes travaillent entre 10 et 12 heures par jour et le salaire ne permet pas de couvrir les besoins essentiels.
- Que les jeunes travailleuses sont souvent exposées à l´harcèlement sexuel de par les superviseurs.
- Une constante menace de congédiement et de mettre ton nom sur une liste noire qui est distribuée aux autres plantations si les personnes tentent de s´organiser.
- Des problèmes de santé (maux de tête, problèmes respiratoires, irritations oculaires, varices, problème de menstruation, hémorragies, etc) et la contamination de l’environnement causés par l’utilisation de produits chimiques.
- Un manque d´équipement de protection et de services sanitaires. Souvent, les employeurs ne paient pas la sécurité sociale prévus par les lois du travail
- Que les services de santé de l’entreprise sont déficitaires tant en ce qui concerne les soins à prodiguer que pour les diagnostiques.
- Généralement, il n’y a pas de contrat de travail
- Maltraitance psychologique, physique et verbal.

Causes de ces situations
- La création de chaînes mondiales de production composée de compagnies multinationales et sous-traitante qui paient de bas salaire et réduisent la possibilité de s´organiser collectivement.
- Les accords économiques promut par les compagnies qui ont pour objectif de flexibiliser les lois du travail et les conventions sociales dans les pays.
- Attitude négligente des gouvernements envers les conventions qu´ils ratifient.

“La Mondialisation est la liberté pour mon groupe d’investir où il veut, le temps qu´il veut, pour produire ce qu´il veut, avoir les matières premières et vendre où il veut avec le minimum de barrières possibles en ce qui concerne les droits du travail et les conventions sociales.
Percy Barnevi”, Président d´une Multinationale.

La mondialisation est entre les mains, promut et contrôlée par la concentration des entreprises au sein de groupes transnationaux. Les corporations transnationales (CTN) sont dans une phase de développement de l´économie politique mondiale. En quelques décennies, elles sont devenues des acteurs dominants et omniprésents. Les 200 plus grandes CTN contrôlent près de 25% de l´activité économique mondiale. Par ailleurs, près de 2/3 du commerce global de biens et services est entre leurs mains et près de 90% des CTN ont leur siège dans le premier monde. De part leur dimension et extension, elles ont un énorme pouvoir, un pouvoir qui affecte la vie de tous/toutes. Parmi les 100 plus grandes entités économiques du monde, 51 sont des corporations et seulement 49 sont constitués par des Etats.

Au début de l´an 2000, 63.000 firmes multinationales contrôlaient 690.000 filiales dans le monde, c´est-à-dire 10 fois plus qu´à la fin des années 60, lorsqu´elles avaient 7.000 firmes et beaucoup plus qu’en 1995, année où 44.500 firmes étaient recensées avec leur 277.000 filiales. Cette même année (2000), les multinationales les plus puissantes se trouvaient majoritairement dans les pays du Nord : les 4 premières aux Etats-Unis (General Motors, Walmart, Exxon Mobil et Ford Motor). De plus, parmi les 57 premières, 19 étaient japonaises et 21 européennes (6 allemandes, 4 britanniques et 3 françaises). Ainsi, pour comprendre le pouvoir de ces multinationales et de ses stratégies, il est donc nécessaire de faire une analyse plus profonde.

Un peu d´histoire
Les premières entreprises capitalistes internationales son apparues au XIV siècle dans le secteur des épices d´Indonésie et de la soie en Chine qui étaient importés à partir des ports de Venise et d´Amsterdam. A cette époque, elles étaient très désordonnées et se développaient à partir des découvertes des grands explorateurs, l´exploitation des pays du Sud sous domination coloniale et le commerce des esclaves. Jusqu’au début du XX siècle, un des premiers axes de développement des multinationales étaient basé sur l’approvisionnement de matières premières agricoles et minières des pays du Sud. Cette période fut déterminante et explique de multiples caractères de la économie actuelle.

Aujourd´hui
- Les fusions et acquisitions d´entreprises ont rapidement progressé depuis les années 80, ce qui a donné un nouveau dynamisme à la mondialisation et de nouvelles caractéristiques. La révolution technologique des dernières décennies a donné le support nécessaire pour le déplacement et la mobilité du capital et l´apparition de nouvelles opportunités pour le capitalisme mondial. Sa continuelle avancée n´aurait pas été possible sans la complicité permanente des grands centres du pouvoir que nous présenterons davantage dans le document d’analyse générale.
- Contrôle des avancées technologiques au moyen de leurs propres recherches, de la participation à la gestion des universités et de contrats subventionnés des programmes de recherche des Etats. 
- Contrôle des médias de communication par l´intermédiaire de la publicité, vu que les médias dépendent en grande partie de la publicité pour survivre ou ce qu’on observe de plus en plus, c’est que divers propriétaires ou actionnaires de multinationales possèdent plusieurs médias de communication.
- Les compagnies sous-traitantes assument tous les risques. Par exemple, Nike octroie des contrats de production uniquement aux entreprises qui ont une bonne productivité, respectent la qualité exigée et ou il n’y a pas de grève de la part des employéEs. C’est ainsi que le coût de la main d´œuvre représente seulement 1% du prix de vente de chaussures Nike.
- Le partenariat public – privé, forme nouvelle de privatiser la prestation des services publics (Hôpital, transport, etc)

De toute les époques, les entreprises multinationales ne se sont pas préoccupés de l’environnement parce que la préservation, la reconstitution et la diversité de la nature ne donne aucun bénéfice aux entreprises qui sont davantage préoccupées par la valorisation de leur capital que du bien être des générations futures. 

Tout ceci a généré :
•    Lois du travail non adapté à la réalité actuel du marché du travail et, en conséquence il n’y a pas une protection qui permette une sécurité d’emploi, un traitement égal pour tous les statuts d’emploi, etc.
•    La non application des lois du travail par manque de contrôle et de vigilance des ministères du travail
•    Fragmentation de la main d’œuvre sur toute la planète
•    Concentration de la main d’œuvre dans le secteur tertiaire. Il y a une emphase sur la importance de vendre et d’acheter. Une grande quantité des emplois dépendent des commerces et de la sollicitation à acheter, activité essentielle pour la viabilité du capitalisme
•    Une commercialisation croissante des services (Santé, transport, éducation) et des ressources naturelles (source énergétiques, eau, etc.)

Conséquences
En Amérique Latine, la structure du marché du travail est très fragmentée, non seulement parce que 1/3 du marché du travail se situe dans les zones rurales, mais aussi parce que plus de la moitié de l´emploi correspond à des travailleurs/euses indépendantes, domestiques, travailleurs/euses familiaux non rémunérés, ou travailleurs/euses de micro entreprises de 5 travailleurs/euses. Le taux de syndicalisation de la région est passé de 21% au cours de la première moitié des années 90 à 19% pendant la seconde. 1,32 millions de travailleurs/euses sont victimes du travail forcé (10% du total mondial). Le travail atypique représente 36,4% de l´emploi au Québec, Canada et 46,5% des jeunes ont un travail précaire contre 33,1% des travailleurs/euses de plus de 30 ans.

Les jeunes accumulent ces incertitudes conjointement aux autres qui surgissent dans leur vie affective et social lorsqu´ils commencent leur vie adulte. Puisqu´ils n´ont pas de références stables, la plupart adopte une attitude de distancement vis-à-vis de l´entreprise. Le travail est considéré comme source de revenu et, par conséquent, il n´y a pas de motivation pour améliorer le milieu de travail ou les conditions de travail à cause du risque de perdre cette source de revenu. Certains plus qualifiés préfèrent abandonner un travail plutôt que d´essayer d´améliorer leur situation.

De nombreux employeurs se trouvent également dans une situation de précarité et il est nécessaire de le reconnaître pour bien identifier les stratégies.

Ce document a été préparé à partir des documents suivants :

  • Document d´analyse du secteur, Conseil Mondial 2004, Venezuela
  • Préparation de la page web de la JOCI, Secteur TTPP
  • Document sur les relations d´emploi présenté à la Conférence de la OIT par le Groupe de Travail International, juin 2006
  • Livre de ATTAC : Enquête au cœur des multinationales.
  • Livre de Claudia Torrelli et Ana Saggioro García : A la recherche d´un nouveau Eldorado, Transnationales européennes en Amérique Latine, Impacts et Alternatives
  • Conférence de la OIT en Amérique Latine 2006
  • Document de la JOCA pour les journées d´Amérique Centrale pour la Paix: Gendre, Violence, Globalisation.

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Doris Bouchard, Canadiense, membre de l'Equipe Continentale JOCA. Analyse élaborée en préparation de l'Echange & Séminaire de Formation de jeunes travailleurs d'Amérique qui aura lieu du 15 octobre au 7 novembre aux Cayes, en Haïti.
Commentaires (1)Add Comment
Excelente anlisis
Ecrit par bilbilis, octubre 06, 2007
Excelente análisis de la precariedad. La JOC de España ha sacado un buen documento sobre las prácticas de empleo y la precariedad.

http://www.joc-e.org/IMG/zip/empleo_precariedad_practicas.zip

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