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 Travailleurs des maquilas au Nicaragua Pour préparer l'Échange et le Séminaire de Formation de
Jeunes travailleurs/euses de l'Amérique qui sera célébré du 15 octobre au 07 novembre 2007 aux Cayes -Haïti,
la coordination continentale JOCAmérique a élaboré quelques documents de
travail pour la participants issus des différents pays de la région.
Pour favoriser le débat et les
réflexions, pour recevoir des contributions de différentes personnes et de
jeunes travailleurs/euses, nous avons voulu publier sur notre site les analyses
faites en vue de préparer la rencontre. Nous placerons d'abord les analyses de
chaque secteur et ensuite les documents complets pour l'échange d'informations
entre jocistes, amis, anciens et jeunes travailleurs sur le net.
Bonne lecture.
Coordination Continentale JOCA
Analyse : Les jeunes et le Secteur
Informel de l'Économie
 Jeune charretier au Venezuela
Même si dans les dernières années ont a vu une amélioration de la situation macroéconomique dans la majorité des pays d´Amérique Latine qui a inclut l´augmentation des réserves de dollars, les indices élevés de chômage se sont maintenus ainsi que le développement de l´économie informelle.
Les études réalisées par les différentes organisations, notamment par la OIT, démontrent que les indices d´informalité varient d´un pays à l´autre. Quelques pays comme la Bolivie et le Paraguay ont des niveaux supérieurs à 60%, 58% au Pérou et 45,2% au Venezuela. Dans le cas spécial d’Haïti le niveau d´informalité atteint 80% de la population économiquement active.
Une donnée importante des recherches de la OIT est que « Les pays du nord affrontent aussi des problèmes relatifs à l´informalité du travail. De nouvelles modalités du travail flexibles ont changé la nature des marchés aux États-Unis et au Canada ou l’on observe peu à peu » un fort impact quant à la « couverture des lois du travail et de la protection sociale ».
Au niveau de la réalité vécu par les travailleurs de ce secteur, les analyses que nous avons effectués dans les dernières années avec les jeunes travailleurs démontrent qu´il y a très peu de changement. Durant la période 2003-2007 nous percevons que :
- Les jeunes travailleurs et travailleuses du secteur informel sont vulnérables dans le maintient de leur travail et du lieu de leur travail. Les vendeurs de rue des marchés publics dans les pays en voie de développement font face à l´harcèlement des autorités locales. Fréquemment, ont les forces à fuir et cacher leurs produits car leur activité n´est pas reconnue officiellement.
- Dans beaucoup de cas, la relation entre l´ employeur et l´employé du secteur informel est déguisée, ce qui rend difficile l’identification des responsabilités de l´employeur.
- La plupart des travailleurs et travailleuses du secteur informel travaillent durant de longues heures dans des conditions insécures et insalubres.
- Il y a un manque de service de soutien financier pour les travailleurs et travailleuses de l´économie informelle.
- Les travailleurs et les travailleuses migrantEs sans documents (Illégaux), jeunes pour la majorité sont particulièrement vulnérables à l´exploitation, la discrimination, l’intimidation et les menaces.
- Les femmes qui sont majoritaires dans le secteur informel travaillent principalement à la maison et sont payées par des entreprises manufacturières de textiles, de fabrication de chaussures et de produits électroniques. D´autres travaillent dans le commerce et les services avec des ressources économiques et une formation limités. Elles font face à plus d´obstacles et de discrimination que les hommes : elles sont moins payées pour le même travail, elles n´ont pas droits aux absences pour grossesse ou maladie. Elles vivent l´harcèlement sexuel et de multiples formes de violence au travail.
- Il y a un manque de Système de Sécurité Social qui les protège : Il n´y a pas de salaire ou revenu minimum fixe, ni compensations pour accidents, ni vacances payées ou d’attention pour la santé des travailleurs et travailleuses du secteur informel.
Une synthèse intéressante des causes de cette réalité a été publiée en conclusion de la 90ieme CIT : “l´informalité est avant tout une question de gouvernance, qui s´est générée par l´application de politiques macroéconomiques et sociales inadéquates et inefficaces. Généralement, elles ne sont pas adoptées par biais de consultations tripartites et présente un manque de cadre juridique et d´institutions adéquates permettant l´application des lois. Il est fondamental que les lois, les politiques et les programmes affrontent les causes de l’informalité et soient en accord avec les besoins et les cultures présentent dans chaque pays, promulguent une protection à tous les travailleurs, travailleuses et éliminent les barrières d´entrée à l´économie formelle ».
Dans les conclusions, on ajoute que les autres causes vont au-delà des actions des gouvernements, on mentionne notamment les actions des entreprises qui favorisent la croissance de l´Économie Informelle et de la précarité du travail, spécialement pour les jeunes. « Les pressions de la concurrence mondiale et les avancées technologiques poussent de plus en plus les entreprises transnationales à développer les sous-contrats ou à soumettre sa production de composants et de matières premières à des pourvoyeurs de première, seconde ou troisième main, dont plusieurs sont des micro entreprises ou entreprises à domicile de l´économie informelle des pays en développement ». Le terme utilisé par la OIT pour ce phénomène est appelé « spécialisation flexible : création d´unités de production plus petites, flexibles, spécialisées, dont quelques unes ne sont pas enregistrées ou sont de l’économie informelle »
Malgré toutes ces mauvaises nouvelles, nous pouvons affirmer qu’il y a certaines avancées au niveau de la réalité des travailleurs et travailleuses. Aujourd´hui, il y a une meilleure analyse de la réalité des travailleurs de ce secteur : il y a une meilleure conscience de la part des agents publics, gouvernementaux, syndicaux, ONG´s et organisations internationales de la réalité des travailleurs de ce secteur et une constatation importante qui est : la condamnation des conditions du travail informel sans condamner le travailleur de l´économie informelle. Cela nous apparaît comme une opportunité. Mais, il faut souligner qu’au jour le jour pour le travailleur, cette conscience et sensibilisation sont encore bien loin de lui permettre d’avoir de meilleures conditions de travail, une reconnaissance de ses droits et l’accès à une protection sociale.
Nous tenons à souligner que le débat sur la Protection Sociale est de plus en plus effectif. Le concept de Protection Sociale est nouveau dans la société, mais il a une importance particulière, spécialement dans un contexte de chômage élevé. Le concept de Protection Sociale est supérieur à celui de sécurité sociale car il englobe une vision plus large de la vie du travailleur en affirmant que l´État est responsable du bien-être des travailleurs/citoyens qu’il ait ou non un emploi formel.
En conclusion, ceci signifie que nous devons faire bien des pas afin que les conditions mentionnées dans ce document changent et pour que les travailleurs et travailleuses obtiennent :
• Une reconnaissance juridique, économique, politique et sociale.
• Les mêmes droits et conditions de travail que les travailleurs du secteur formel qui ont des conditions décentes.
• Une protection sociale qui assure de meilleures conditions de vie.
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